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Résilience passive vs résilience active

Pourquoi certaines difficultés nous transforment… et d’autres non

Nous traversons tous des périodes compliquées.

Des imprévus, des erreurs, des échecs, des tensions ou des situations que nous n’avions pas anticipées. Ces expériences font partie de la vie et, lorsqu’elles sont surmontées, nous avons tendance à considérer qu’elles nous ont rendus plus résilients.

Pourtant, le simple fait d’avoir traversé une difficulté ne signifie pas nécessairement que nous en sommes sortis plus solides. Dans bien des situations, nous avons simplement réussi à tenir jusqu’à ce que les choses redeviennent plus favorables.

Et là on se rend compte qu’il y a une différence entre subir une difficulté et apprendre de cette difficulté.

Pourquoi l’expérience ne produit pas automatiquement du progrès

Nous avons souvent tendance à croire que l’expérience est naturellement formatrice.
Avec le temps, cette idée devient presque une évidence : plus nous vivons de situations difficiles, plus nous devenons solides.
La réalité est un peu plus nuancée.
Ce qui produit une évolution, ce n’est pas uniquement ce qui nous arrive, c'est ce que nous faisons de ce qui nous arrive.

Deux personnes peuvent traverser exactement la même situation et en tirer des conséquences totalement différentes.
L'une considérera la situation comme une parenthèse désagréable qu'il faut oublier au plus vite.
L'autre cherchera à comprendre ce qui s'est produit, ce qu'il n'avait pas vu venir et ce qu'il pourrait modifier à l'avenir pour mieux réagir.

Les deux auront vécu la même expérience, et une seule en ressortira réellement renforcée.

La résilience passive : continuer à avancer sans remettre en question le fonctionnement

La résilience passive repose sur une logique simple : On encaisse !

Quelque chose se produit, nous encaissons le choc, nous trouvons une manière de continuer à avancer, puis nous reprenons notre trajectoire dès que possible.

À première vue, cette capacité paraît positive, continuer malgré les difficultés est déjà une qualité rare. Le problème est qu’aucune réflexion profonde n’accompagne cette adaptation.

Nous traversons la situation, et nous n'en tirons pas d'enseignements durables.
Nous revenons souvent aux mêmes habitudes, aux mêmes choix et aux mêmes mécanismes qui ont pu contribuer au problème initial. Alors notre quotidien reprend alors son cours normal jusqu'à ce qu'une situation similaire se reproduise.

Cette forme de résilience permet de survivre à la difficulté, elle ne garantit pas pour autant une véritable progression.

La résilience active : transformer l’expérience en apprentissage

La résilience active fonctionne selon une logique différente : On progresse !

La difficulté n’est plus seulement un obstacle à franchir, elle devient une source d'information. Lorsqu'un événement survient, nous cherchons à comprendre ce qu'il révèle.
Pas uniquement sur la situation elle-même, mais aussi sur notre manière de fonctionner, de décider, d'anticiper ou de réagir.

Cette posture demande davantage d'humilité.

Elle oblige à reconnaître certaines erreurs d'appréciation, certaines habitudes devenues inefficaces ou certains choix qui méritent d'être réévalués.
C’est cette démarche qui permet de progresser.
La difficulté cesse alors d'être uniquement un problème à résoudre, elle devient également un retour d'expérience.

Pourquoi nous préférons souvent la résilience passive

La résilience passive est plus confortable.

Une fois la difficulté passée, on veut tourner la page rapidement, on a envie de retrouver notre rythme, nos repères et une forme de normalité quotidienne.

Analyser ce qui s’est produit demande au contraire un effort supplémentaire, cela implique de prendre du recul au moment même où nous avons envie d'avancer et d'oublier.
C'est pour cette raison que beaucoup d'expériences se répètent, pas parce que nous sommes incapables d'apprendre.
Parce que nous ne prenons pas le temps de transformer l'expérience en connaissance utile.

Ce que font les résilients qui deviennent réellement plus solides

Lorsqu'on observe les personnes qui semblent gagner en stabilité avec les années, on remarque souvent un point commun :
Elles ne cherchent pas uniquement à traverser les difficultés, elles cherchent à comprendre ce qu'elles peuvent en tirer.
Chaque erreur devient une information, chaque échec devient un retour d'expérience, chaque période compliquée devient une occasion d'ajuster.

Cette posture ne supprime pas les difficultés futures, elle réduit la probabilité de répéter les mêmes erreurs et améliore la qualité de nos décisions.

C'est ce processus d'amélioration continue qui distingue souvent la résilience active de la simple capacité à encaisser.

Pourquoi cette distinction est essentielle

Avec le temps, nous accumulons tous des expériences.

La véritable question n'est pas de savoir combien de difficultés nous avons traversées, c’est plutôt de savoir combien d'entre elles nous ont réellement appris quelque chose.

Parce que la résilience ne se mesure pas uniquement à notre capacité à tenir lorsque les choses deviennent compliquées.
Elle se mesure aussi à notre capacité à devenir plus lucides et efficaces grâce à ce que nous traversons.

⚡ Conclusion

Traverser une difficulté ne nous rend pas automatiquement plus résilients.

👉 La résilience passive nous permet surtout d'encaisser et de continuer à avancer

👉 La résilience active transforme les difficultés en apprentissages

👉 Et c’est souvent cette capacité d’apprentissage qui détermine si nous répéterons les mêmes erreurs ou si nous deviendrons réellement plus solides

La résilience ne consiste donc pas uniquement à survivre aux événements.

Elle consiste aussi à évoluer grâce à eux.


Pour comprendre les fondations de la résilience

Pour développer une résilience active


🌐 Pour aller plus loin

La résilience active repose sur notre capacité à apprendre des difficultés, à nous adapter et à renforcer progressivement notre fonctionnement. Les ressources suivantes permettent d'explorer les mécanismes qui influencent notre capacité à faire face aux imprévus.

Comprendre les mécanismes de résilience

American Psychological Association (APA)
Ressources sur la résilience psychologique, l'adaptation au stress et les facteurs qui favorisent la récupération après une difficulté.

World Health Organization (OMS)
Publications sur la santé mentale, la gestion du stress et les capacités d'adaptation face aux changements.

Comprendre l'impact du stress et de l'incertitude

Santé publique France
Informations sur le bien-être psychologique, les comportements de santé et les facteurs influençant la capacité à faire face aux contraintes du quotidien.

Observatoire de la Qualité de Vie au Travail (Anact)
Études sur la charge mentale, l'adaptation aux changements et les mécanismes de prévention de l'épuisement.

Développer sa capacité d'adaptation

Our World in Data
Données et analyses permettant de mieux comprendre les grandes évolutions économiques, sociales et environnementales qui influencent notre environnement.

Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne
Analyses sur les risques, les vulnérabilités et la capacité des sociétés à s'adapter aux changements.

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